Orientation, réorientation : comment aider les jeunes à trouver leur voie… même après un premier virage
🎓 "Mais tu veux faire quoi plus tard ?"
😳 "Heu… je sais pas trop."
😡 "Faudrait quand même commencer à savoir à ton âge !"
Stop. Pause. Respirez.
Parce que choisir sa voie à 16, 18, ou même 22 ans, ce n’est pas si simple. Et changer d’avis, ce n’est pas un échec. C’est humain. Et même, selon les chiffres, assez courant.
D’après une étude du Céreq menée auprès des jeunes sortis du système scolaire en 2017, un quart d’entre eux a décidé de changer de métier entre 2020 et 2023. Et près de 4 sur 10 y ont au moins pensé sérieusement.
Une preuve que le fameux "métier pour la vie", c’est (vraiment) terminé. Et que l’orientation doit s’envisager comme un processus évolutif… pas comme une sentence gravée dans le marbre.
Pourquoi tant de jeunes changent de cap ?
La réorientation professionnelle peut découler de plusieurs choses, et souvent d’un cocktail :
🌀 Un emploi qui ne correspond pas à la formation initiale
😐 Un boulot qui ne procure aucun épanouissement
💥 Des conditions de travail difficiles ou dégradées
💡 Un besoin de sens, de cohérence avec ses valeurs
🌿 Une envie de ralentir, de retrouver un équilibre, ou de s’ancrer dans des métiers plus manuels, plus "vrais"
🎯 L’attrait pour un nouveau domaine, découvert parfois un peu par hasard
Et parfois, tout simplement, une prise de conscience : "Ce métier-là, en fait, ce n’est pas pour moi."
Et ça, ni les conseillers d’orientation, ni les parents, ni même le jeune lui-même ne pouvaient forcément le savoir plus tôt.
La réorientation, c’est pas une lubie : c’est une vraie démarche
Changer de voie professionnelle, ce n’est pas tourner la roue au hasard.
C’est souvent un processus long, qui demande réflexion, énergie… et accompagnement.
📚 1 jeune sur 3 en réorientation retourne en formation ou en études.
💼 1 sur 4 mobilise son Compte Personnel de Formation (CPF).
🤝 Et beaucoup se tournent vers des dispositifs d’aide comme les missions locales, Pôle emploi ou le Conseil en évolution professionnelle (CEP).
Mais attention : tous les jeunes n’ont pas les mêmes facilités pour rebondir.
Un·e jeune qui vit chez ses parents avec peu de moyens, qui a un enfant à charge, ou qui cumule petits boulots et instabilité, aura bien plus de mal à s’offrir le luxe d’un changement de cap.
C’est là qu’on, adultes bienveillants (parents, profs, pros de l’orientation, institutions…), a un rôle crucial à jouer.
Pour les jeunes : 5 conseils pour y voir plus clair (même dans le flou)
- 1. Vous avez le droit de changer d’avis
Personne ne vous oblige à faire le même métier toute ta vie. Si vous sentez que vous n'êtes pas au bon endroit, vous avez le droit (et même le devoir) d’y réfléchir. - 2. Ne restez pas seul·e
Parlez à des proches, à un mentor, à un conseiller de mission locale ou d’orientation. Voys n'avez pas à porter toutes les questions existentielles tout·e seul·e. - 3. Explorez des pistes concrètes
Des vidéos métiers, des journées portes ouvertes, une immersion ou un stage d’observation… Parfois, il suffit de voir un métier de près pour comprendre s’il vous correspond (ou pas du tout). - 4. Formez-vous à votre rythme
Il existe des formations courtes, des VAE, des formations en alternance, du e-learning… Vous n'avez pas besoin de tout plaquer pour repartir de zéro. - 5. Gardez confiance
Vous n'avez pas raté votre vie parce que vous changez de plan. Vous apprenez à mieux vous connaître. Et ça, c’est une vraie force.
Pour les parents : 5 bonnes pratiques pour accompagner sans brusquer
- 1. Rassurez, ne jugez pas
Un·e jeune qui vous dit "je veux changer de voie" a besoin d’écoute, pas de reproches. Il ou elle sait déjà que ce ne sera pas facile. - 2. Acceptez l’incertitude
Votre enfant ne sait pas quoi faire ? Ce n’est pas grave. Personne ne naît avec une vocation. Et parfois, ce sont les détours qui mènent aux plus belles routes. - 3. Aidez à structurer la réflexion
Plutôt que "Tu vas faire quoi maintenant ?", essayez "Qu’est-ce qui te plaît ? Qu’est-ce que tu veux éviter ? Qu’est-ce que tu veux apprendre ?" Ce sont ces questions qui aident à avancer. - 4. Orientez vers les bons outils
Le CEP, les missions locales, le CPF, les plateformes comme Walt.community ou 1jeune1solution… Il existe plein de ressources utiles. Soyez le GPS, pas le moteur. - 5. Montrez que vous croyez en lui/elle
Le doute est normal, mais la confiance (des autres) est souvent décisive. Croire dans le potentiel de son enfant, c’est l’un des plus beaux leviers de motivation.
En conclusion : on ne naît pas orienté·e, on le devient
Il y a 20 ans, on choisissait un bac, puis un métier, et on y restait.
Aujourd’hui, on tâtonne, on explore, on bifurque. Et c’est très bien comme ça.
Ce que nous dit l’enquête du Céreq, c’est que le changement de cap n’est ni rare, ni anormal. Mais que pour qu’il se passe bien, il faut oser en parler, être entouré·e, et avoir accès aux bons outils au bon moment.
L’orientation ne se joue pas en une fois. Elle s’ajuste, se travaille, se rêve, parfois se rate… et se recommence. Et chez Walt, on est là pour accompagner chaque étape.
Même les virages. Surtout les virages.